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Culture | 26.06.2008

Il y a 60 ans, le blocus de Berlin

Le 26 juin 1948, le premier avion américain atterrissait sur le tarmac de l’aéroport de Tempelhof. C’est le début du pont aérien pour alimenter les Berlinois de l’ouest coupés du monde par le blocus soviétique.

Berlin, été 1948. Nous sommes le 26 juin et les premiers appareils américains atterrissent sur le tarmac de l'aéroport de Tempelhof, en plein coeur de l'ex-capitale du Reich. Pendant près d'un an,  jusqu'en mai 1949, Tempelhof accueille des "oiseaux d'argent" à une cadence effrénée.  Ulrich Kirschbau était alors enfant. Il souffrait des privations dans une Allemagne anéantie par la guerre et douze années de national-socialime:


"J'avais cinq ans et je ne m'occupais pas vraiment de ce qui se passait autour de moi. Cela dit, j'avais remarqué qu'il y avait quelque chose de bizarre qui se tramait, parce que déjà on disposait de très peu de nourriture, mais d'un seul coup, on n'avait plus rien. Et mes parents semblaient très inquiets..."

 

** ARCHIV **  Berliner beobachten am 9. Juli 1948 ein Flugzeug der US-Luftstreitkraefte beim Landeanflug auf den Flughafen Tempelhof in Berlin. Der Flieger war Teil der Luftbruecke zur Versorgung des von sowjetischen Truppen abgeschnitten Westteils der Stadt Berlin. Der Berliner Stadtflughafen Tempelhof wird Ende Oktober 2008 geschlossen. Das Oberverwaltungsgericht Berlin-Brandenburg wies am Montag, 12. Februar 2007, die Klagen mehrerer Fluggesellschaften zurueck, die auf eine Fortfuehrung des Flugbetriebs geklagt hatten. (AP Photo/Henry Burroughs) ** NUR S/W **Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift:  

C'est que le 24 juin,  Staline avait fait couper toutes les voies terrestres vers Berlin -Ouest, territoire enclavé en plein milieu de la zone d'occupation soviétique, la future RDA, République Démocratique allemande.  Si rien n'est fait, la population de Berlin-ouest, qui compte deux millions de personnes, risque de mourir de faim et de froid. Ulrich Kirschbau:


"Et puis d'un seul coup, le vrombissement de ces avions...nous pressentions que leur arrivée nous était bénéfique. Et pourtant évidemment, nous avions fait une toute autre expérience avec des avions alliés, quelques années auparavant."

** ARCHIV **  Berliner Kinder sitzen 1948 auf dem Zaun des Berliner Flughafens Tempelhof, waehrend ein Bomber der US-Luftstreitkraefte zur Landung ansetzt. Der Bomber war Teil der Luftbruecke zur Versorgung des von sowjetischen Truppen abgeschnitten Westteils der Stadt Berlin. Der Berliner Stadtflughafen Tempelhof wird Ende Oktober 2008 geschlossen. Das Oberverwaltungsgericht Berlin-Brandenburg wies am Montag, 12. Februar 2007, die Klagen mehrerer Fluggesellschaften zurueck, die auf eine Fortfuehrung des Flugbetriebs geklagt hatten. (AP Photo/Archiv) ** NUR S/W **Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift:  


 

En 1948, la Seconde Guerre mondiale a certes pris fin trois ans auparavant. Mais nous sommes au début de la Guerre froide: les camps capitaliste et communiste entament un bras de fer sur le territoire allemand alors partagé en quatre zones d'occupation. Le blocus de Berlin, c'est un moyen de pression extraordinaire pensent les Soviétiques. Mais les pilotes américains, britanniques et français se mettent en route et effectuent plus de 200 vols par jour. Ils acheminent sur Berlin-ouest  deux millions 300 000 tonnes de vivres, charbon et essence. Gail Halvorsen, pilote américain:


"Tous les mois, on nous informait dans nos briefings que notre nouvel ennemi s'appelait Staline. Et qu'il voulait envahie tout d'abord Berlin-ouest et puis le reste de l'Allemagne. Mais il y avait des femmes et des enfants à Berlin. Lorsque j'ai acheminé pour la première fois des sacs de farine,  j'ai pu voir à quel point je faisais plaisir à la population allemande. On nous regardait comme des anges tombés du ciel. A partir de là, on est devenus amis."

 

Flughafen Berlin Tempelhof.jpg

Der beleuchtete Eingangsbereich des Flughafen Tempelhof, aufgenommen am 27.01.2008 vor Beginn der Modenschau des Labels Hugo im Hangar I in Berlin. Foto: Rainer Jensen dpa +++(c) dpa - Report+++Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift:  


 

Et les Allemands se souviennent particulièrement du colonel Gail Halvorsen qui avait lancé l'idée de larguer des mini-parachutes à friandises depuis son cockpit. Cet officier de l'armée de l'air âgé aujourd'hui de 87 ans se souvient du pont aérien comme une sorte de symphonie:


"Tout le monde participait à nos actions, comme les musiciens d'un orchestre. Les cuisinières, les policiers et surtout à mon avis les mécaniciens. Ils ont été essentiels pour la bonne tenue du pont aérien. Car en hiver, nous ne disposions pas de hangars, les avions n'étaient recouverts que d'une légère toile. Les mécaniciens étaient totalement gelés. Et puis, il y avait l'armée, qui rassemblait les vivres, la marine, qui traversait l'océan pour acheminer les marchandises vers l'Europe. Oui, une véritable symphonie comme aimait à le dire notre commandant en chef, le Général Tunner"


Pendant ce temps, le gouvernement soviétique veut freiner l'arrivée du Deutsche mark entré en vigueur quelques jours plus tôt dans les trois autres zones occupées par les Américains, les Anglais et les Français. Le dessous des cartes: Moscou veut obliger les alliés occidentaux à renoncer à la création d'un gouvernement de la trizone, qui préfigurerait la création d'un Etat à l'ouest de l'Allemagne, la future République fédérale. Même si, de leur côté, les Soviétiques songent eux aussi à créer un Etat satellite. Au bout de près d'un an toutefois, les Américains sortent vainqueurs du blocus de Berlin. Les Soviétiques y mettent fin, face à 270 000 transports aériens qui ont fait le bonheur des Berlinois.

 

Carine Debrabandère

 

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