Le Thème | 30.06.2008
Les gros titres de la presse allemande
Le Zimbabwe et l’investiture de Robert Mugabe pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête du pays font aujourd’hui la Une des grands quotidiens allemands.
En Une die die Welt, une déclaration d'Angela Merkel : « L'élection de Robert Mugabe est une farce. » Il a perdu toute légitimité en tant que président, estime la chancelière allemande dans un entretien accordé au quotidien, où elle annonce qu'elle est favorable à un durcissement des sanctions de l'Union Européenne contre le dirigeant et ceux qui le soutiennent. « Les souffrances de la population, qui ont fait un grand nombre de victimes sous le régime arbitraire de Robert Mugabe, doivent prendre fin, » déclare la chancelière.
Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift: Morgan Tsvangirai, le leader de l'opposition, s'est retiré peu avant le second tour.
« Qui peut stopper Mugabe ? » c'est la question que se pose la Tageszeitung. Il y a trois mois, la fin du règne du dirigeant zimbabwéen ne semblait être qu'une question de temps. L'opposition menée par Morgan Tsvangirai avait remporté les législatives et le premier tour de la présidentielle, le parti au pouvoir était divisé par des querelles internes. Et aujourd'hui ? se demande le quotidien. Aujourd'hui, il y a eu un second tour lors duquel Robert Mugabe a obtenu 85% des voix. Auparavant, des dizaines de milliers de partisans de l'opposition ont été chassés, torturés ou même tués. Dans le monde entier, on s'interroge à présent sur ce qu'il faut faire au Zimbabwe. Mais la question arrive bien trop tard. A se demander ce que les diplomates qui présentent aujourd'hui à l'ONU et à l'Union Africaine leurs idées pour une transition démocratique au Zimbabwe ont fait pendant les trois derniers mois.
Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift: Le régime Robert Mugabe sous le feu des critiques internationales. Manifestation à Londre le 23 juin 2008. Pourquoi Robert Mugabe devrait-il avoir peur des réprimandes de l'Europe, écrit la Frankfurter Allgemeine Zeitung, il sait bien qu'il ne risque rien. Les Nations Unies se sont à nouveau révélées impuissantes, car d'importants Etats membres ne souhaitent pas d'action vigoureuse contre Robert Mugabe. L'Afrique du Sud a ses propres intérêts dans le pays et la Chine et la Russie craignent que le Zimbabwe ne devienne un précédent « d'ingérence dans les affaires internes d'une nation ». Il ne se passe donc rien et la situation dans le pays ne cesse de s'aggraver. L'Afrique, qui pourrait à présent montrer qu'elle est capable de gérer elle-même ses affaires, semble vouloir laisser passer cette chance. Si au moins on était certain que le triste destin du Zimbabwe pouvait servir de leçon à d'autres pays, alors la situation ne serait pas aussi déprimante. Toutefois, rien n'est moins sûr.

















