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Le Thème | 01.09.2008

Des critiques mais pas de sanction

Les 27 se sont réunis aujourd'hui en sommet extraordinaire. Au centre des débats: la crise dans le Caucase et la position commune à adopter face à Moscou

La déclaration commune finale devrait en principe s'appuyer sur une proposition de la France, pays qui est à la tête de l'Union européenne depuis le mois de juillet. Ce projet de texte regrette l'intervention russe en Géorgie, la juge disproportionnée mais ne la condamne pas formellement, contrairement à la reconnaissance des indépendances de l'Abkhazie et de l'Ossétie du Sud. Le projet préconise également l'examen approfondi des relations entre l'Union et la Russie. Le président français Nicolas Sarkozy a par ailleurs annoncé qu'il se rendrait de nouveau à Moscou et à Tbilissi pour veiller au strict respect du plan de paix.

Le président français Nicolas Sarkozy entouré du Premier ministre britannique et du Premier ministre luxembourgeois Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift:  Le président français Nicolas Sarkozy entouré du Premier ministre britannique et du Premier ministre luxembourgeois

Autant dire que unité et consensus sont les mots-clefs de la journée... du moins en apparence. Car si l'Union européenne tente coûte que coûte de donner l'impression d'une position commune, c'est en réalité loin d'être le cas.

Une manifestation géante a eu lieu à Tbilissi pour dénoncer Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift:  Une manifestation géante a eu lieu à Tbilissi pour dénoncer "l'agression russe"

D'un côté il y a des pays comme la France, l'Allemagne, l'Italie qui refusent de rompre le dialogue. La chancelière Angela Merkel par exemple a certes déclaré que l'atteinte à l'intégrité de la Géorgie était inacceptable mais elle a dit et redit par la voix de son ministre des Affaires étrangères qu'il ne fallait en aucun cas rompre le dialogue avec Moscou. Idem pour le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini pour qui une rupture des pourparlers avec le Kremlin pourrait avoir des conséquences fatales. Beaucoup ont insisté sur l'importance militaire, économique et politique de la Russie, qui, il ne faut jamais l'oublier, est le principal fournisseur de gaz de l'Union européenne.

Mais on entend aussi des voix très différentes. Des voix qui viennent de Grande Bretagne où le Premier ministre Gordon Brown pense qu'il faut suspendre les discussions sur le partenariat stratégique avec la Russie. Mais ce sont aussi et surtout des voix qui viennent de pays récemment entrés dans l'Union. Des pays est-européens, anciens satellites de l'URSS. La Pologne a comparé l'intervention de la Russie en Géorgie à  l'invasion de son territoire par les troupes allemandes en 1939. Les Etats baltes ont eux plaidé pour une révision de la politique européenne à l'égard de la Russie. Et il faut croire que ces appels ont porté leurs fruits: l'Union européenne a annoncé à la sortie du sommet que les négociations avec la Russie sur un parenariat stratégique étaient ajournées.

Nombreux sont ceux pour qui souplesse et dialogue sont de rigueur face à MoscouBildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift:  Nombreux sont ceux pour qui souplesse et dialogue sont de rigueur face à Moscou

Reste que le plus urgent, pour le moment, et sur ce point les 27 sont pour une fois d'accord, c'est de mettre fin au conflit caucasien. L'Union compte ainsi dépêcher une mission d'observation du cessez-le-feu en Géorgie. Et c'est là que cela se corse à nouveau puisque, selon les diplomates, toute la difficulté consiste à pouvoir juger la réaction de Moscou face à l'envoi de cette mission.

 

 

Konstanze von Kotze

 

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