"Pour ou contre la Serbie dans l'Europe" ?

Un "référendum pour ou contre la Serbie dans l'Europe" : voilà comment Boris Tadic, arrivé second au premier tour, essaye de mobiliser ses concitoyens avant le 3 février. La presse européenne s'interroge.
Le 3 février, ce seront deux visions radicalement différentes sur l'avenir de la Serbie qui s'affronteront, incarnées respectivement par Boris Tadic, le chef d'Etat sortant pro-européen et par le candidat nationaliste Tomislav Nikolic.
Le quotidien allemand Berliner Zeitung résume bien l’enjeu de cette élection : « Le pays va devoir décider de ce qui est le plus important pour lui : essayer de défendre un bien perdu ou gagner son avenir. »
Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift: Des Serbes du Kosovo au congrès final de Tomislav Nikolic.
Et l’analyste politique Bratislav Grubacic de renchérir dans le quotidien italien Corriere della Sera :
« Dans les Balkans, il n’a pas toujours été facile de comprendre qui avait gagné et qui avait perdu. Prenons le cas du Kosovo : personne n’a expliqué aux Serbes qu’ils avaient perdu cette guerre. »
Mais l’Union européenne ne ressort pas non plus complètement indemne de ce premier tour des élections présidentielles serbes. Pour le quotidien slovène Delo notamment, l’Union est allée trop loin dans son soutien au candidat pro-européen, Boris Tadic. Aveuglée par son désir de trouver une issue à la question du Kosovo, elle adresse aujourd’hui « un message catastrophique à la Serbie » en « relâchant sa pression sur un Etat qui protège des criminels de guerre présumés ».
Alors, le Kosovo, seul responsable de la recrudescence du nationalisme en Serbie ?
Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift: Boris Tadic saura-t-il convaincre les jeunes Serbes que leur avenir est en Europe ? Pas seulement, affirme Andrej Ivanji, correspondant du quotidien allemand Die Tageszeitung en Serbie : selon lui, c’est la question sociale qui aurait joué un rôle déterminant dans la victoire du nationaliste Tomislav Nikolic lors du premier tour de l’élection : « Tomislav Nikolic a tenu un discours populiste et socialiste. Il a ainsi gagné le soutien de millions d’électeurs modestes, mécontents et sans espoir, les perdants de la transition, les chômeurs. »
A ces mots font écho ceux de Tamara Djermanovic dans le quotidien espagnol La Vanguardia, qui conseille à la communauté internationale de « manifester sa confiance à la Serbie en la traitant d’égale à égale ». Concrètement, Tamara Djermanovic propose donc de : « libéraliser le système de visas afin que la jeune population serbe puisse jouir de la même possibilité de déplacement que les jeunes Occidentaux. Il serait alors possible de construire une base permettant un véritable essor démocratique du pays. »
Naïma Guira | www.dw-world.de | © Deutsche Welle.