Première inculpation dans l'attentat contre le USS Cole

Les procureurs ont requis la peine de mort contre Abdel Rahim al Nachiri. Ce Saoudien d'origine yéménite pourrait être le cerveau de l'attentat perpétré le 12 octobre 2000 contre le navire de guerre américain USS Cole.
Ce jour là, des kamikazes avaient attaqué à l'explosif l'USS Cole qui se ravitaillait dans le port d'Aden au Yémen. 17 marins sont morts et 47 autres ont été blessés. Deux ans plus tard, c'est un superpétrolier français, le Limburg, qui subit le même sort. D'après les procureurs militaires américains, Abdel Rachim al Nachiri est impliqué dans ces deux attentats. Mais si le Saoudien a avoué avoir participé à l'attaque du navire français, il était alors l'un des chefs des opérations d'Al Qaida, il a en revanche retiré ses aveux concernant l'USS Cole, des aveux obtenus selon lui sous la torture. La CIA a effectivement reconnu en février avoir eu recours à la méthode du waterboarding: il s'agit de faire croire au détenu qu'il va mourir par noyade.
Abdel Rahim al Nachiri est considéré comme une des figures-clés d'Al Qaïda. D'après les autorités américaines, il a rencontré Oussama ben Laden à plusieurs reprises. Cinq des huit chefs d'inculpation dont il fait l'objet sont passibles de la peine de mort, mais ils doivent encore être validés par l'autorité de tutelle des tribunaux d'exception. Après cette étape, qui peut prendre plusieurs mois, une audience doit avoir lieu dans les 30 jours pour présenter le détenu au juge en charge de l'affaire, avant d'aboutir à un procès 3 mois plus tard.
Bildunterschrift: Großansicht des Bildes mit der Bildunterschrift: Un détenu dans le camp de Guantanamo, que les deux candidats à la succession de George W. Bush veulent fermer
Jusqu'à présent, une vingtaine de prisonniers de Guantanamo (sur 270 au total) ont été inculpés, et entre 60 et 80 devraient être traduits devant les tribunaux militaires d'exception qui sont toujours très controversés. La Cour suprême les a invalidés dès 2006, mais ils ont été rétablis peu de temps après par le Congrès. Plus récemment, cette même Cour suprême a affirmé que la Constitution américaine garantissait des droits aux détenus, et notamment celui de saisir la justice civile, ce qui remet en question la légitimité des tribunaux qui valident des témoignages indirects, ou encore obtenus sous la torture.
Le premier procès sur la base navale cubaine devrait avoir lieu le 21 juillet. C'est Salim Hamdan qui comparaîtra, ancien chauffeur et garde du corps d'Oussama ben Laden.
Audrey Parmentier | www.dw-world.de | © Deutsche Welle.